Test Saucony Endorphin Pro 5 : deux ans d’attente pour… (2026)
Les chaussures à plaque carbone existent depuis 10 ans et beaucoup de chemin a été parcouru depuis la première Saucony Endorphin Pro. Comme beaucoup de marques le font, Saucony a attendu deux ans pour sortir cette nouvelle version de l’Endorphin Pro. La gamme s’est depuis étendue avec la version Elite 2, sortie entretemps, qui a fait beaucoup de bruit et a placé la barre très haut.
L’une des principales interrogations concerne donc la place de cette nouvelle Endorphin Pro 5 dans la gamme et son usage principal. Elle vise la compétition, mais dans une version plus accessible que l’Elite 2, bien que tout de même exigeante.
Quels changements Saucony a-t-elle apportés et la mise à niveau est-elle justifiée ? Convient-elle à votre profil de coureur et à vos objectifs ?
Ce test complet répond à ces questions.
Pourquoi me faire confiance ?
Avec un record personnel de 2 h 38 au marathon et un volume d’entraînement hebdomadaire conséquent, je teste de nombreux modèles de chaussures de running pour aider ma pratique.
J’ai effectué mon test terrain des Saucony Endorphin Pro 5 sur différents types de séances pour évaluer leur confort et leurs sensations de course. J’ai également consulté d’autres coureurs de différents niveaux pour valider mon ressenti et m’assurer que mes recommandations seront utiles au plus grand nombre de coureurs.
Notre verdict
Excellente chaussure avec plaque carbone plus polyvalente et accessible que la version élite.
- Poids : 214 g (en 42)
- Mousse : PWRRUN PB, PWRRUN HG
- Hauteur : 39,5 mm (talon), 31,5 mm (avant-pied)
- Drop : 8 mm
- Compétitions toutes distances
La semelle intermédiaire reprend la combinaison entre la mousse PWRRUN PB et la mousse PWRRUN HG, qui encastrent la plaque carbone retravaillée et plus agressive. La géométrie reste incurvée avec la technologie SPEEDROLL pour une meilleure bascule.
La sensation à l’impact reste assez similaire à celle de la V4, un peu plus moelleuse pour un bon plaisir de course. La réactivité est excellente, bien que moins élevée que sur la version Elite 2, avec un rebond moins prononcé.
L’absorption des chocs est très bonne avec une hauteur inchangée. L’amorti permettra d’allonger la distance jusqu’au marathon pour tous les coureurs. Les limites viendront davantage du côté exigeant de la chaussure.
La nouvelle tige en mesh extensible monocouche est très réussi et offre un grand confort et une bonne respirabilité. Saucony a également modifié la semelle extérieure avec le caoutchouc PWRTRAC, qui offre une meilleure traction.
En résumé, la Saucony Endorphin Pro 5 est un modèle à plaque carbone haut de gamme, plus accessible que la version élite et donc davantage destiné au grand public. Elle reste très performante et exigeante.
Avantages
- Semelle extérieure plus performante
- Amorti bien équilibré et conséquent pour le marathon
- Tige pour la compétition confortable et bien aérée
- Transitions fluides et fort dynamisme avec une bascule prononcée
- Plus accessible que la version élite
Inconvénients
- L’ajustement n’a pas convenu à tous les testeurs
- Certains coureurs voient plus la chaussure comme une version haut de gamme pour l’entrainement que pour la compétition
Amorti
La semelle intermédiaire de la Saucony Endorphin Pro 5 reprend dans l’ensemble celle de la version précédente. Elle conserve les deux couches de mousse PWRRUN PB en Peba à billes expansées et PWRRUN HG supercritique en Peba.
Entre la couche supérieure et la couche inférieure se trouve la plaque en fibre de carbone. Elle est désormais fendue sur toute la longueur pour une géométrie et des sensations différentes. La conduite est un peu plus agressive que sur la Pro 4.
La géométrie SPEEDROLL, caractéristique de la série des Endorphin, aide à avoir une bonne bascule vers l’avant. Malgré ces quelques changements, difficile de trouver une réelle différence de sensation par rapport à la V4.
J’ai du mal à comprendre pourquoi Saucony n’a pas incorporé la nouvelle mousse IncrediRUN en TPEE, au moins sur une des deux couches. La marque a sans doute jugé que cela aurait rendu la chaussure moins accessible.
La sensation à l’impact reste bien équilibrée et penche légèrement vers le moelleux pour un bon plaisir de course. Mais nettement moins que sur la version Elite 2, moelleuse à l’extrême.
La hauteur reste inchangée avec 39,5 mm sous le talon et 31,5 mm sous l’avant-pied. Je valide un gros amorti qui offre une absorption des chocs impressionnante. Comme pour certaines concurrentes, certains coureurs notent que la chaussure peut manquer de protection pour les coureurs lourds.
Je nuance fortement ce point car j’ai du mal à voir comment offrir plus de protection. La limite vient davantage du côté exigeant que je détaillerai plus bas. La chaussure a les atouts pour toutes les distances jusqu’au marathon, quel que soit le profil du coureur.
Le drop de 8 mm est classique. C’est un bon point pour la rendre plus accessible, surtout avec une telle propulsion.
Retour d’énergie
Le poids reste stable avec 214 g en 42. C’est très léger et la conduite est aérienne. Mais c’est plus que beaucoup de modèles concurrents, assez nettement sous les 200 g.
Si l’on m’avait dit il y a quelques années que je jugerais une chaussure « lourde » avec 214 g pour un stack de 40 mm, j’aurais certainement ri en disant que c’est de la folie. Mais le marché a tellement évolué que c’est devenu une réalité. La marque a certainement fait moins de concessions pour rendre la chaussure plus durable.
Le retour d’énergie est très bon et la bascule prononcée vers l’avant de la géométrie SpeedRoll assurent des transitions fluides et rapides pour maximiser la propulsion. Le dynamisme est globalement très bon, mais reste un peu en retrait de plusieurs modèles concurrents.
En contrepartie, la chaussure est un peu plus accessible.
Soutien et stabilité
La chaussure est conçue pour foulée neutre et ne possède pas de technologie pour stabiliser la foulée. Mais avec une base assez large, une conduite bien équilibrée et une traction améliorée, la Saucony Endorphin Pro 5 est assez stable pour un modèle compétitif.
Maintien du pied
La nouvelle tige est en mesh extensible monocouche, avec une doublure intérieure qui fait office de chausson. Comme souvent dans ce cas, elle n’est pas facile à enfiler, mais le côté extensible la rend très confortable avec un effet seconde peau.
Le confort est à nouveau au rendez-vous et garder la chaussure longtemps au pied ne pose aucun problème. Sans atteindre celui d’une Triumph, la chaussure est très agréable à porter pour un modèle de compétition.
La respirabilité est satisfaisante comme sur la V4, avec une bonne circulation de l’air. Avec le mesh fin, la couverture par temps froid est peut-être un peu juste, mais cela ne pose pas de problème pour un usage le jour de course.
La languette à gousset accompagne très bien le pied et reste extensible, un peu comme sur les dernières Nimbus, avec une tirette pour faciliter l’enfilage. Les lacets sont eux aussi extensibles et la chaussure ajoute deux boucles de blocage supplémentaires.
Le contrefort talon est comme souvent assez souple et remonte plus haut. Certains testeurs relèvent ce point et se plaignent soit d’un maintien insuffisant, soit de frottements au talon pouvant occasionner des irritations.
Je ne l’ai personnellement pas constaté et j’ai trouvé le contrefort assez classique sur ce genre de modèle, assez similaire à celui de la V4. L’évasement prononcé au niveau du talon revient également, preuve supplémentaire que la chaussure est accessible même pour les talonneurs.
Notons également les éléments réfléchissants et la semelle de propreté SRS (Super Responsive Sockliner) qui offre un peu plus de rebond.
Malgré quelques critiques, je valide une tige très bien exécutée.
Taille et ajustement
Concernant l’ajustement de la chaussure, j’ai comme souvent relevé pas mal d’infos contradictoires. Je vais donc me concentrer sur mon ressenti car j’ai la chance d’avoir de très nombreuses paires au pied.
La chaussure est très proche du pied, conséquence directe de l’effet chaussette. Mais le côté très élastique évite tout problème. La plateforme est large à l’avant comme à l’arrière, un bon point pour la stabilité et pour une conduite fiable.
Malgré cela, l’espace disponible dans la boîte à orteils est assez limité et c’est là que se concentrent les reproches. Personnellement, malgré mon pied assez large, je n’ai pas été gêné et j’ai même apprécié ce point pour pouvoir accélérer.
Mais cela n’a pas été le cas de tout le monde, donc si vous avez un coup de pied fort, mieux vaut essayer avant achat si possible. Sinon, la chaussure taille normalement.
Traction
Je n’avais personnellement pas eu de souci sur ce point avec la V4, mais cela n’a pas été le cas de tout le monde et la marque a donc décidé d’upgrader la semelle extérieure. Exit le caoutchouc en carbone XT-900, place au caoutchouc PWRTRAC de meilleure qualité.
Celui-ci couvre largement les zones stratégiques d’appui pour une traction efficace.
L’adhérence sur surfaces humides est également améliorée. On a également une flexibilité satisfaisante grâce aux micro-rainures et la profonde rainure longitudinale.
Enfin, cette chaussure de route pourra vous emmener sur la plupart des chemins et sentiers non-techniques. Attention à ne pas coincer de petits cailloux dans la rainure centrale !
Utilisation
Déterminer l’usage de la chaussure va de pair avec trouver sa place dans la gamme Endorphin. C’est d’ailleurs ma principale question : ce modèle est-il vraiment nécessaire ?
On a déjà :
- Saucony Endorphin Speed 5, dédiée à l’entrainement et très performante.
- Saucony Endorphin Elite 2, modèle de compétition ultime, parmi les meilleurs aujourd’hui.
J’ai eu ma réponse en courant : la Pro est un modèle hybride à mi-chemin entre les deux.
Elle peut servir de chaussure d’entraînement haut de gamme ou de modèle de compétition plus accessible grâce à un bon contrôle de la foulée et une meilleure stabilité que les modèles concurrents plus radicaux.
Attention : la bascule reste forte et pas adaptée à tous les coureurs. C’est une chaussure exigeante, donc plutôt réservée aux coureurs confirmés.
L’absorption des chocs est élevée pour toutes les distances quel que soit votre gabarit. Vous pourrez pousser jusqu’au semi ou au marathon sans souci.
En termes de vitesse, c’est une chaussure conçue pour les allures rapides ; elle sera moins pertinente pour les rythmes modérés. C’est également une bonne option pour battre un record personnel en compétition, même si elle est moins performante que d’autres modèles comme les Adidas Adios Pro 4 ou les Nike Alphafly 3.
Qualité et durée de vie
Pas de mauvaise surprise sur ce point : la semelle extérieure est robuste et le mesh est plus résistant qu’il n’y paraît malgré sa finesse (attention aux éventuels obstacles).
La durabilité est donc classique — clairement plus élevée que sur d’autres modèles à plaque carbone.
Le prix est très élevé, tout en restant dans la norme du marché. Le rapport qualité-prix est donc plutôt correct.
Enfin, ce modèle utilise une petite part de matières recyclés et est vegan.
Saucony Endorphin Pro 5 vs 4
Cette nouvelle version apporte plusieurs changements :
- Une nouvelle tige retravaillée pour un meilleur maintien
- Meilleur verrouillage du talon
- Plaque carbone fendue (plus agressive)
- Semelle extérieure PWRTRAC
La Pro 5 est améliorée, mais la 4 reste assez proche, donc n’hésitez pas à l’acheter si vous la trouvez en promotion.
Nos autres comparatifs
Conclusion
La Saucony Endorphin Pro 5 apporte quelques changements par rapport à la version précédente, mais pas assez pour certains au vu des 2 ans d’attente. Certains coureurs la jugent également mieux adaptée à l’entraînement qu’à la compétition.
C’est un modèle très abouti, digne d’une super chaussure à plaque carbone et taillée pour battre ses records. Elle a l’avantage d’être un peu plus accessible et plus durable que la version Elite, ce qui justifie sa place dans la gamme Endorphin !
Notre test terrain en vidéo
Description technique
Caractéristiques techniques
| Terrain | Route |
| Type de soutien | Universel (neutre) |
| Drop | 8 mm |
| Épaisseur de la semelle (talon) | 39.5 mm |
| Épaisseur de la semelle (avant-pied) | 31.5 mm |
| Poids (modèle homme) | 214 g |
| Poids (modèle femme) | 196 g |
| Année de sortie | 2026 |
| Athlètes | |
| Prix | Voir le prix |
Technologies
| Semelle extérieure | PWRTRAC |
| Semelle intermédiaire | PWRRUN PB, PWRRUN HG, SPEEDROLL |
| Tige | Maille technique recyclée |
| Caractéristiques | Plaque carbone, Vegan |
Amorti
| Douceur | Équilibré |
| Dynamisme | Élevé |
Utilisation
| Distance | Courte, 5 km, Moyenne, 10 km, Semi-marathon, Longue, Marathon |
| Allure | Rapide |
| Type d'entraînement | Compétition |
Référence : site officiel Saucony
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