La Nike Alphafly 4 et la Puma Fast-R Nitro Elite 3 sont deux chaussures carbone de compétition, mais pas pour le même format de course.
Nike fait de l’Alphafly 4 son modèle phare pour le marathon, au niveau de l’Adios Pro 5. Puma a fait de la Fast-R 3 une chaussure de course radicale, dont les gains d’efficacité ont été mesurés en laboratoire, pensée pour les coureurs et coureuses confirmés à la recherche de nouveaux chronos.
Avantage Puma sur la balance : elle est un peu plus légère, d’une quinzaine de grammes. Les deux ont la même hauteur sous le talon et le même drop.
Puma coupe sa semelle en deux, avant-pied et talon séparés, avec une plaque carbone PWRPLATE très rigide, exposée sous la voûte et prolongée au-delà des orteils, et une mousse NITROFOAM Elite en A-TPU. Nike reste sur une configuration classique : ZoomX LT par-dessus ZoomX, une plaque Flyplate élargie et deux unités Air Zoom sous l’avant-pied.
Le ressenti de la Fast-R 3 divise selon les préférences et les ressentis : doux et explosif pour certains, plus direct et loin d’une mousse moelleuse pour d’autres. Quoi qu’il en soit, le rebond impressionnant et une bascule très marquée. L’Alphafly 4 est moins radicale : sensation équilibrée, légèrement moelleuse, propulsion très forte, et un déroulé qui reste fluide en fin de course, quand la foulée se dégrade.
La Fast-R 3 est l’une des chaussures carbone les moins stables du marché : son talon fendu, petit et souple, devient instable à allure lente et en fin de course sur jambes lourdes. On la déconseille notamment aux talonneurs. Face à elle, l’Alphafly 4 est nettement plus stable : base et plaque élargies, pour une stabilité au niveau de la concurrence (sans pour autant être aussi stable qu’un modèle d’entraînement classique, attention).
La tige Ultraweave de la Puma, ultra-fine, enveloppe le pied comme peu de tiges de compétition, avec un verrouillage du talon excellent et un ajustement serré. Mais elle n’a presque aucune structure et laisse le pied bouger dans les virages.
Chez Nike, la tige Atomknit, légère et respirante elle aussi, ne comprime pas le pied et le maintient avec des câbles sur le médio-pied.
Le caoutchouc PUMAGRIP de la Fast-R 3 est une référence, y compris sous la pluie. La durée de vie de la Fast-R 3 est courte : Puma met très peu de caoutchouc sous la semelle et annonce elle-même 300 km. Le caoutchouc Fast Shot de la Nike offre une très bonne adhérence sur sol humide. Ce sont sa mousse, qui montre vite des signes d’usure, et ses unités Air Zoom, à surveiller, qui limitent sa durée de vie.
Alphafly 4 vs Fast-R Nitro Elite 3 : laquelle choisir ?
Pour le marathon, la Nike Alphafly 4 : plus confortable, plus facile à contrôler sur 42 km, et un peu moins chère, avec 20 euros d’écart.
La Fast-R Nitro Elite 3 si vous attaquez médio ou avant-pied, sur 5 km et 10 km, où elle est clairement la plus rapide, et jusqu’au semi-marathon, où les deux se valent. Elle exige davantage de votre foulée, et surtout de vos mollets.