Ces deux chaussures d’élite Nike sont faites pour aller vite en compétition. Brigid Kosgei avait établi un nouveau record du monde du marathon femme avec les Vaporfly aux pieds (un record depuis battu en octobre 2023 par Tigist Assefa qui portait les Adizero Adios Pro Evo 1s) tandis que Kelvin Kiptum portait les Alphafly lorsqu’il a établi le nouveau record du monde du marathon en 2 h 0 min 35 s à Chicago le même mois. La star américaine Galen Rupp, également spécialiste des courses de fond, est lui aussi connu pour courir en Alphafly.
Sur le papier, les deux chaussures partagent la même recette : une semelle épaisse, mousse ZoomX et plaque en fibre de carbone Flyplate. L’Alphafly 4 est plus haute sous le talon, et la Vaporfly 4 est un peu plus légère, d’une vingtaine de grammes.
Pendant longtemps, la Vaporfly et l’Alphafly visaient toutes les deux le marathon, et l’on hésitait surtout selon ses goûts. Avec la Vaporfly 4, Nike a mis de l’ordre dans sa gamme.
La Vaporfly est désormais orientée vers les distances plus courtes et les allures rapides : du 5 km au semi, et les séances de vitesse. L’Alphafly 4 reste LA chaussure de Nike pour le marathon, sans limite sur la distance.
Ce repositionnement se lit aussi dans les dimensions. La Vaporfly 4 passe à un drop un peu plus bas et plus proche du sol, quand l’Alphafly 4 garde un drop standard et son gros amorti.
L’Alphafly dispose par ailleurs de deux unités Air Zoom (sortes de coussinets remplis d’air comprimé) sous l’avant-pied, repensées sur cette version 4 et plus légères selon Nike, pour une poussée très confortable sur la durée. Sa semelle superpose aussi une nouvelle mousse ZoomX LT, plus légère, à la couche de ZoomX.
Surtout, les deux ne s’adressent pas au même profil de coureur ou de coureuse. L’Alphafly 4 est la moins exigeante des deux. Son rocker est plus modéré qu’avant, mais le côté mécanique des unités Air Zoom maintient une conduite réactive sans exiger une conduite avant-pied agressive. Même les talonneurs profitent de sa propulsion.
La Vaporfly 4 est plus exigeante. Pour pleinement exploiter son potentiel, elle demande d’avoir du pied : une foulée affûtée, pour coureurs et coureuses chevronnés. C’est un modèle élitiste.
Côté maintien, les deux tiges sont précises. L’Alphafly 4 ajoute des câbles sur le médio-pied, et la Vaporfly 4 est plus étroite : certains testeurs l’ont trouvée trop serrée.
La version 4 de l’Alphafly élargit aussi sa base et sa plaque, pour une stabilité pleinement comparable à la concurrence. La Vaporfly 4, plus basse, est elle aussi stable.
Vaporfly ou Alphafly : laquelle faut-il choisir ?
Le choix est aujourd’hui plus clair qu’avant. Pour le marathon, ou si vous cherchez l’économie d’énergie, prenez l’Alphafly 4 : sa propulsion mécanique et sa stabilité la rendent plus accessible que la plupart des fusées carbone, y compris pour une première chaussure à plaque carbone (pas pour un débutant).
Pour les formats courts, la Vaporfly 4 est une fusée : plus basse et plus réactive, mais il faut vraiment avoir du pied pour bénéficier au mieux de sa propulsion. L’Alphafly 4 est un peu plus chère, d’une vingtaine d’euros.
Dans le doute, essayez-les en magasin ou à l’entraînement : ce sont deux références, chacune excellente sur ses distances.